Mélanie Lefebvre, Giulia Turati, Astrid Méry-Sinivassin, Xavier Jullien, Brigitte Bauer lors du vernissage

Mélanie Lefebvre, Giulia Turati, Astrid Méry-Sinivassin, Xavier Jullien, Brigitte Bauer lors du vernissage

6 artistes de l’art contemporain exposent à Pont en Royans

Le Vernissage de l’ Exposition d’Art contemporain à La Halle de Pont-en-Royans a eu lieu samedi en présence de plusieurs des six artistes exposés.

Ce vernissage était aussi le moment de la passation de pouvoirs entre l’ancien directeur de La Halle, Xavier Jullien, appelé à d’autres fonctions au Centre d’Art de Venissieux, et la nouvelle directrice, Giulia Turati, nouvellement arrivée. Ce centre a été créé en 1986, par Yves Pillet ancien maire de Pont-en-Royans et amoureux des arts et de la culture. Il est financé collectivement par la DRAC, la Région, le Département, la Communauté de communes de la Bourne-Isère, et la commune de Pont-en Royans.

2016 sera donc l’année où l’on va fêter le 30e anniversaire de ce lieu destiné à la promotion de l’art en milieu rural et à ce sujet, nous aurons d’autres informations bientôt.

Philbert Gautron, président de l’association pour l’animation de La Halle, a accueilli les conseillers municipaux, les artistes, les salariés et le public présent. Il a remercié Xavier Jullien pour le travail effectué, ses compétences et sa grande gentillesse. Il a également salué la disponiblité et le sourire de Giulia qui a pris la relève. Faisant référence à Jean Paul Sartre qui a dit dans Huis Clos, « l’enfer c’est les autres », il a resitué le thème de cette exposition éclectique et protéiforme autour du poids que nous donnons au regard de l’autre sur nous, et de la question de l’alterité et du vivre ensemble.

Giulia Turati a présenté les Six artistes contemporains de toutes les générations, dont trois étaient là ce samedi soir, qui présentent chacune un travail original jusqu’au 30 décembre 2015.

Dans la première salle, Brigitte Bauer, plasticienne-photographe et enseignante à l’école Supérieure des beaux-arts de Nîmes, présente un travail sur l’espace urbain ou rural et sur les « maisons jumelles », ces maisons toutes semblables dans les quartiers ouvriers, mais dont les habitants ont délimité leur espace en personnalisant leur moitié de façade. Leur décoration en dit long sur le caractère de chaque famille qui y vit. Les maisons parlent d’elles-mêmes, une moitié présente une façade austère et grise quand de l’autre côté, des couleurs joyeuses la décore.

Mélanie Lefebvre travaille sur l’enfance, elle propose une peinture sur toile où l’on voit de jeunes enfants en cure de photothérapie (exposition du corps à la lumière) Son travail inspiré de photographies d’institutions russes, indique la vulnérabilité des enfants dans un environnement médical angoissant, livrés aux regards du spectateur sous une lumière glacée.

Adrian Piper est une plasticienne afro-américaine issue des mouvements de l’art conceptuel et contestataire (elle est venue à la peinture grâce à son amitié avec Sol LeWitt) . Elle offre une série de dessins sous-titrés de textes qui montrent les pièges d’une communication totalitaire rendue impossible. Elle s’inspire des ses expériences difficiles, de propos racistes et misogynes dont elle a pu faire l’objet dans sa jeunesse.

Dans la deuxième salle se déroule un film de la jeune artiste Salma Cheddadi qui sera présente le samedi 14 novembre à la Halle pour échanger avec le public et expliquer son travail. La video Der See (le lac) montre un travail sur l’ intimité et l’ambiguïté entre le personnage qui raconte un cauchemar où elle a vécu la perte de son amie, la vidéaste elle-même. Les images insistent sur le caractère intime de la scène et sur l’ambiguïté des relations humaines et ouvrent vers d’autres pistes imaginaires.

Dans la même salle on peut entendre une chanson de Louise Bourgeois (artiste française peintre, sculpteur, ayant vécu aux Etats-Unis, décédée en 2010, et qui fait partie des grands noms de l’art du XXe siècle). Elle joue ici avec humour sur les mots fondés sur le suffixe –otte qui affuble les femmes d’une forme réduction face aux hommes : « il cuisine, elle popotte » ; « je suis un beau vieillard, et tu es vieillotte » …

Dans la troisième salle, Astrid Méry-Sinivassin, jeune artiste qui a déjà quelques expositions nationales et internationales à son actif, expose un travail de gravure à l’eau-forte (gravure à l’acide sur plaques de métal) très finement dessinées montrant des personnages à la fois familiers et surprenants : des corps humains à têtes de chien, de biche, d’oiseau, selon la fantaisie et l’imaginaire d’Astrid, comme un clin d’œil ironique au spectateur qui, peut-être reconnaîtra des êtres de son entourage.

Jusqu’au 30 décembre,

La Halle, médiathèque de Pont en Royans,

Francoise Daudeville

paru dans le mémorial de l'Isère

oct.2015

à Droite, Philbert Gautron lors du vernissage à la Halle Pont en Royans

à Droite, Philbert Gautron lors du vernissage à la Halle Pont en Royans

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