Exposition « Bois mort » de Esther Shalev-Gerz à la Halle de Pont en Royans jusqu’au 3 septembre

La plasticienne a accepté l’invitation de Giulia Turati, directrice du centre d'art, de venir créer une œuvre autour de l’environnement des habitants de la région du Royans à l'occasion des festivités autour des trente ans de la Halle. En effet, Esther Shalev-Gerz a travaillé au milieu de la forêt du Vercors, photographiant ses arbres centenaires, et montrant comment les forêts se sont renouvelées depuis des siècles, grâce au cycle perpétuel de décomposition et renaissance de la forêt, de vie et de mort. Ce fut pour elle un défi, car elle se devait de montrer quelque chose qui fait partie de l’environnement des habitants de toute la région. Elle découvre alors que le bois mort au milieu de l’arbre, est ce qui le fait se tenir encore debout. Ainsi son œuvre se compose et se décompose comme la forêt, entre vie et mort, entre passé et présent.

Elle a interrogé et recueilli la parole de quatre personnes en lien avec la forêt du Vercors, un chasseur, un habitant, un forestier et un historien. Disposant d’une grande capacité d’écoute, elle sait prendre en compte avec confiance la parole des différents participants. On peut admirer ce travail dans les vidéos qui diffusent les mots des personnes interrogées sur les images des arbres, qui eux aussi diffusent leur message. Dans ses photos elle nous montre l’environnement tapissé de feuilles mortes, de branches moussues, de sentiers accrochés à la falaise où se promènent encore les bouquetins, la forêt du Vercors vit, respire, indifférente aux discours des hommes. Esther a pénétré ces lieux où chaque arbre a son message à transmettre, traquant les couleurs des mousses qui tapissent tendrement les arbres couchés, leurs branches dépouillées qui forment un graphisme noir sur le ciel d’hiver. Avec son appareil photo, elle capte les reflets rouges du soleil couchant sur les galets gris des pierriers et nous montre ce que les plus habitués à côtoyer ces paysages n’avaient peut-être pas vu, nous faisant vibrer avec les arbres, avec les éléments, dans ces lieux qui nous paraissaient vides et tristes en hiver. Elle montre la vie prête à rejaillir, le cycle de vie et de pourrissement naturel qui fait que la forêt existe depuis des siècles, existait bien avant l’homme.

Des arbres qui résistent au temps, le Vercors n’est pas par hasard un lieu de résistance, souligne-t-elle, sensible aux vibrations de lieu porteur de mémoire.

Le vernissage du 3 juin avec de nombreuses personnalités iséroises venues pour fêter les trente ans de la Halle ont rendu hommage à cette artiste internationalement reconnue qui a exposé récemment au Musée du Jeu de Paume à Paris. Le Musée de Lausanne lui a consacré une rétrospective, elle travaille souvent aux Etats-Unis, au Canada, en Suède, en Israël, en Chine, entre autres. Malgré ses nombreux voyages, elle était présente pour le vernissage du 3 juin dernier à la Halle et a répondu très simplement aux questions du public venu nombreux découvrir son travail. Les nombreuses personnalités présente pour l’anniversaire des trente ans du centre lui ont rendu hommage.

L’exposition est à voir au Centre d’Art de la Halle à Pont en Royans jusqu’au 3 septembre.

Entrée libre : mardi et vendredi : 16h-19h

Mercredi et samedi 9h-12h / 14h-18h

Francoise Daudeville

d'après son article publié dans le Mémorial de l'Isère, juin 2016

Yves Pillet, ancien maire et fondateur de la médiathèque et du centre d'art contemporain, a rendu hommage au travail d'Esther Shalev-Gerz lors des festivités des trente ans de la Halle en présence de nombreuses personnalités

Yves Pillet, ancien maire et fondateur de la médiathèque et du centre d'art contemporain, a rendu hommage au travail d'Esther Shalev-Gerz lors des festivités des trente ans de la Halle en présence de nombreuses personnalités

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