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En ces jours d’été, l’Arche de Saint Antoine l’Abbaye est emplie de stagiaires qu’on appelle ici « sessionnaires » ici pour ne pas les confondre avec les « stagiaires », ceux qui sont en stage communautaire, c’est-à-dire pour faire l’expérience de la vie et du travail au sein de la communauté.

Des formations diverses sont organisées par des intervenants extérieurs indépendants. Les thèmes tournent autour de la non-violence, de l’art, du mieux être ou de la spiritualité.

Les personnes inscrites à une formation séjournent à l’Arche, en général pour une durée de 5 jours à une semaine. Les membres de la communauté ont pour mission de les accueillir, de préparer les repas et de gérer l’hôtellerie.

En été, comme il fait souvent beau temps, on sert les repas dehors, dans le jardin près du potager parsemé de mille fleurs et d’arbres fruitiers. En général, les légumes sont cueillis au jardin tous les jours. Le lieu est connu pour sa bonne cuisine végétarienne et saine. Certains viennent depuis près de 30 ans. Les responsables tournent à la cuisine mais une seule personne est nommée à l’intendance pour une année. En général, on accepte les postes selon ses compétences mais aussi selon les besoins de la communauté. Il faut parfois se former pour remplir la tâche choisie.

En été, tout semble s’organiser comme par miracle, mais les engagés, les bénévoles et les jeunes de la Fève (formation de deux ans destinée aux 25-35 ans. Voir article précédent) se retroussent les manches pour accomplir les tâches nécessaires. Les « sessionnaires » eux aussi peuvent participer aux pluches le matin quand ils sont libres.

Qu’ils fassent un stage de yoga, de chant, de danse, d’art thérapie, de clown ou encore de méditation, tous apprécient le service et le cadre magnifique et tranquille de cette ancienne abbaye du  Moyen- Age, restaurée au XVIIème siècle, une oasis de paix au milieu du tumulte de la vie moderne. Les bâtiments jouxtent le Musée de Saint Antoine et l’église Abbatiale.SAM_1244.JPG

Aujourd’hui, après le déjeuner à l’ombre des tilleuls, l’un des membres de la communauté explique au public l’histoire de l’installation de l’Arche dans ce site, et raconte avec passion cette aventure collective.

Dans les années 50, le poète et philosophe Lanza del Vasto, suite à sa rencontre en Inde avec le Mahatma Gandhi, eût le souhait de diffuser la non-violence en France. Un groupe se créa autour de lui pour essayer de vivre selon les principes d’une vie basée sur la simplicité de moyens, l’ouverture aux autres, le développement de la vie intérieure et le travail quotidien.

Aujourd’hui, l’Arche a navigué durant de nombreuses années et traversé des tempêtes mais elle est toujours là et de plus en plus de personnes, de tous âges, se tournent vers cet exemple d’un autre mode de vie, simple et communautaire, tourné à la fois vers l’action, la formation et le développement d’une vie spirituelle.

Dans ce monde moderne, qui connaît de plus en plus de violence, l’Arche porte bien son  nom : c’est cette expérience unique qui donne de l’inspiration pour trouver sa place dans le monde, un monde que certains essayent de penser plus juste, plus équilibré et plus fraternel.

Pour sortir de la concurrence entre les personnes, de l’isolement, de l’indifférence, du repli sur soi, de la violence que nous impose notre modèle social actuel, de plus en plus de personnes cherchent des projets collectifs, qui respectent les besoins de chacun, en respectant la nature, en se respectant soi-même, en étant solidaires des autres, en mélangeant les générations …

Après une quinzaine de jours pour se reposer de cet été agité, les membres de l’Arche se remettront au travail pour accompagner la formation des jeunes de LA FÈVE et bien d’autres projets.SAM_1084.JPG

 

Françoise Daudeville

29 août 2013 (l'article est écrit depuis l'an dernier, mais il est valable encore aujourd'hui)

 

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